Saison 6 - Episode 15
Rencontre croisée entre Hanane Karimi et Myriam Loussif, à l’occasion de la parution de leurs ouvrages aux éditions Hors d’atteinte.
✨ Chacune utilise l’écriture comme acte de résistance, dire ce que la société inflige, des assignations aux stigmates, de la difficulté à être à la volonté de pouvoir enfin devenir. Lorsque Hanane Karimi demande si les femmes musulmanes ne sont-elles pas des femmes ? Et que Myriam Loussif écrit Tiens bon, ne lâche rien. Il y a comme un écho, un fil qui les lie, invisible et pourtant si solide.
En une quarantaine de poèmes aux titres tels que « Fâcheuse méritocratie », « L’Arabe qui cache la forêt » ou « Émeutes », Myriam Loussif, 18 ans, livre des observations acérées et très politiques sur ce qu’elle identifie comme des injustices, des absurdités ou des hypocrisies. Elle explore également d’autres thématiques auxquelles l’adolescence la confronte, comme la confiance en soi, l’amitié ou les relations entre parents et enfants. «La vie est une lutte quand on est une femme, adolescente, banlieusarde qui porte le voile », écrivait-elle dans la lettre d’accompagnement de son manuscrit, envoyé alors qu’elle n’avait que 17 ans. Aujourd’hui scolarisée en terminale, elle voit en l’écriture un outil de résistance et d’espoir; et livre des poèmes aussi lucides que tournés vers l’avenir.
Mes larmes étaient celles d’un désenchantement : un désenchantement féministe. J’avais échoué à trouver les mots qui auraient fait douter ces femmes de leur offensive contre d’autres femmes, de leur trahison d’un féminisme universel, de leur aveuglement par des biais racistes et islamophobes. Puisque l’islamisme était l’ennemi, celles qui affichaient leur adhésion à l’islam devenaient à leurs yeux l’incarnation de ce danger, et se retrouvaient exclues des luttes pour les droits des femmes.
Mais les femmes musulmanes ne sont-elles pas des femmes ?
